tu devras m'apprivoiser

tu devras m'apprivoiser
On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! (St Exupery)

jeudi 15 juillet 2021

Blabla, lecture déconcertante et au jardin : la grande bardane

 Vous vous souvenez que j'ai sauté dans l'eau pour aller découper mon arbre ? J'ai eu une fort bonne idée, parce que l'eau a continué sa grimpette et maintenant il me serait impossible d'y accéder... L'eau est montée d'environ 2m en 2 jours et ce n'est pas fini, loin de là, je pense que le bas de la maison sera sous l'eau !
Mais cette expérience de balnéo peu agréable ne m'a pas empêchée de retourner faire trempette. Hein ? Oui, je sais... Je n'ai pas sauté dans la petite rivière cette fois, non, j'ai carrément sauté dans le canal. Ouaip. Et là vous allez me dire "mais qu'est-ce qui t'a pris bon sang ?". Si je vous le dis vous n'allez pas me croire mais... j'ai sauté pour aller sauver un papillon. Si si... Il était beau, il était énorme, et il était en train de se noyer. Donc je n'ai pas réfléchi, j'ai suivi mon instinct et j'ai sauté. François en panique n'a rien compris (il est partiellement sourd) surtout quand il m'a vu enlever mes chaussures, mon pull, et sauter dans une eau glacée puis nager comme un gros truc mou dans une direction incertaine. Quand il m'a vue avec mon papillon au bout de la main, nageant en vrac pour revenir il a un peu halluciné. M'enfin ça va, il s'est habitué, il m'a déjà vue sauter au milieu de l'autoroute pour sauver une bestiole, etc etc. Il était beau mon papillon, j'ai bien fait, après être resté un moment sur moi il a pu repartir tranquilou. J'ai même pas pris froid, pourtant l'eau était gelée, il pleuvait, il faisait un froid de gueux, et j'ai du refaire 1km trempée (c'était finalement la partie la plus difficile)... mwahaha. M'en fiche, je suis contente. ET ça m'a permis de découvrir un joli terrier (terrier ?) de ragondin, ragondin fort surpris de voir une grosse dame juste devant son entrée, qui m'a regardé un peu... circonspect (mais amical) haha. 
J'ai aussi repéré une nouvelle plante, que je ne connais pas encore (je cherche, je cherche) qui pousse côté "eau" et pas côté "chemin". 

J'ai aussi lu un livre.... enfin j'ai lu exactement 8 livres cette semaine dont aucun ne passera à la postérité pour moi... et dans le lot, j'ai lu ça

ce livre est super bien noté, pratiquement partout. Je ne comprends pas comment c'est possible. Vraiment... 
Le pitch officiel : Connie, mathématicienne, arrive à Cambridge, pensant qu'on lui a confié un poste de professeur. Elle se rend compte que des confrères sont là, à qui on a fait la même promesse. Les services secrets les ont en fait réunis pour décrypter un code mystérieux et les voilà « assignés à résidence ». Parmi eux se trouve un inconnu au comportement étrange... et c'est peu dire pour leur petit milieu. Luke semble en savoir beaucoup plus qu'eux sur ce code et même sur la vie, l'univers et le reste. Un roman sur l'amour, l'amitié et l'éradication de l'espèce humaine pour les fans de Dr Who et The Big Bang Theory.

Heu... j'aime bien Dr Who (pas les derniers), j'ai beaucoup souri avec BBT, parce que je connaissais un Sheldon dans la vraie vie, mais là... A part une référence dans le titre à Star Trek (le titre est une phrase prononcée si je me souviens bien par les Borgs, quand ils croisent un vaisseau "ennemi"), je n'ai rien vu qui me rapproche de près ou de loin de Dr Who, de BBT... j'ai plutôt eu l'impression d'une série B à lire à la plage. Et encore... Je crois que j'ai oscillé entre ricanements et consternation. En gros, si vous voulez lire un livre sans avoir mal à la tête, si vous aimez les romances version Harlequin mais avec un extra terrestre dedans (hey, rigolez pas hein, on a même 2 scènes torrides entre un ET et une humaine), une course poursuite à travers l'Europe tellement crédible que j'ai eu mal aux neurones (j'ai du en perdre quelques uns, qui ont fondu de désespoir), foncez. Sinon...
Bon, si quelqu'un a aimé, je voudrais VRAIMENT comprendre pourquoi/comment. Je ne suis que perplexité... J'avais déjà failli mourir d'ennui avec l'ami des ombres. Pourtant j'avais aimé un autre livre de l'auteur mais là... pfffffff. Toujours aucun coup de cœur, je désespère

A part ça, en ce moment, je suis à fond dans l'apprentissage des plantes, je veux retrouver tout ce que mon cerveau a perdu en grillant, même si pour ça je dois repartir du début et batailler sec (parfois y'a pas moyen, je peux répéter/relire 200 fois ça ne veut pas rentrer). Je suis sur une petite moyenne d'une plante par semaine, la trouver, l'identifier, retourner voir plusieurs fois si je suis sûre de bien la reconnaître, puis apprendre tout ce que je peux à son sujet. Je suis quelqu'un qui a besoin d'apprendre pour vivre, tout le temps, sur tous les sujets, et les traiter à fond. 

En parlant de plantes, de nature... j'ai découvert un tout nouveau comportement sur internet qui m'a beaucoup chagrinée. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais à une époque les gens qui faisaient de la permaculture se faisaient démolir par les conventionnels, puis ça a été l'inverse (parce que les gens aiment beaucoup se mettre sur la figure pour tout et n'importe quoi au lieu de coopérer), et maintenant il y a une nouvelle guéguerre : ceux qui ne veulent pas entendre parler de jardin naturel. Je ne sais pas combien de fois j'ai reçu en message et lu ailleurs la phrase hallucinante "voui mais non, il faut arrêter avec ça, un jardin c'est cultivé, entretenu, désherbé, sinon ce n'est pas un jardin, c'est la nature"... Comme si soudainement la nature était un gros mot. On les sent proches d'ajouter un gros "beurk" derrière... J'ai failli tomber de ma chaise. Tout à coup ce qui est totalement naturel, libre et sauvage devenait répugnant, méprisable, alors qu'au contraire l'homme qui façonne tout à grands coups de défrichage, de produits et autres détenait "la grande vérité". Heu... les interventions humaines sur la nature, ben on voit le résultat hein. Alors ok, si je dois être critiquée pour ça aussi, m'en tape également. Pour moi la nature a tout à nous offrir, surtout si on arrête de la martyriser. Ce qui explique que je sois petit à petit sortie de tous les groupes sur le sujet, parce qu'au lieu d'y trouver des infos intéressantes, il n'y avait plus qu'une guerre de tranchées, totalement stérile. 

A un moment, j'étais débutante (et sotte) j'ai fait comme tout le monde, j'ai désherbé, défriché, taillé sauvagement, utilisé du savon noir quand il ne fallait surtout pas... Et au final, je me suis rendu compte bien vite que plus j'intervenais, moins mon terrain était fertile. Je me suis posée, j'ai tout viré, et je me suis dit que la nature savait très bien ce qu'il fallait faire, bien mieux que moi, alors que je pose une empreinte discrète dessus oui, que je la maltraite pour avoir des rangées au millimètre dans un grand désert non merci. Si certains sont heureux comme ça ok, ça me va. Mais laissez-moi faire à ma façon, hein. Et les plantes "sauvages" que j'arrachais ou coupais, pareil, je les laisse pousser, j'apprends à les connaître, à comprendre pourquoi elles poussent ici et pas là, à savoir si on peut s'être réciproquement utiles. 

La grande bardane en a été l'exemple le plus frappant. J'avais ce truc pénible qui poussait dans mon jardin en bas, dont les "boules" velcro s'accrochaient à mes vêtements, ça m'énervait, je rasais. Si bien qu'à un moment, elle a disparu. Et ma terre à cet endroit a été moins bien, plus compacte, etc. Je me suis intéressée à elle quand elle a repoussé, timidement, puis finalement je l'ai laissée grimper. Elle cache un endroit moche (vers la zone que je suis en train d'essayer d'arranger un peu), il y a beaucoup d'insectes qui viennent dessus (pourquoi ? je ne sais pas), et les oiseaux aussi semblent l'apprécier (du fait des insectes). Et c'est comme ça que j'ai commencé à....en prélever pour la manger ! Je la laisse vivre sur les 3/4, je prélève 1/4. 

*quand je vous dis que la mienne est énorme, elle fait 2m50 au plu haut pour une largeur d'environ 2m et une longueur de 3m*

Je vais vous renvoyer sur un blog qui en parlera bien mieux que moi : on clique ici

Pour résumer (pour ceux qui ne voudraient pas lire tout l'article) : c'est une plante qui va prospérer sur 2 ans, la 1ère année que des feuilles, en masse touffue, la 2ème année les tiges apparaissent, avec des feuilles plus éparses et alternes


*copyright althea provence*
vu le merveilleux temps ici, je n'ai pas réussi à faire une photo bien parlante...

Les plus grosses feuilles (les plus anciennes à la base) peuvent devenir énormes, chez moi elles font facilement 60/70cm de long. Et bien entendu les fleurs apparaissent à leur tour en haut des tiges, avec leur petit système qui les fait ressembler à des boules de velcro :-)

On mange la racine l'automne de la 1ère année jusqu'au printemps de la 2ème. Quand les fleurs sont là (même déjà les tiges), il est trop tard, la racine devient dure et fibreuse.
Je cuisine la racine en rondelles, mélangées à de la carotte, et le tout saupoudré d'un peu de cumin. 
Elle se comporte un peu comme le topinambour une fois ingérée, à savoir que c'est un excellent allié de la flore intestinale, maiiiis ça donne des "ballonnements".

C'est un puissant détoxifiant, ça nettoie tout du sol au plafond au niveau du foie et des reins. D'ailleurs nos ancêtres faisaient une petite cure dépurative en sortie d'hiver, et la grande bardane faisait partie des plantes utilisées (avec la racine de pissenlit). Elle protège aussi ces organes des inflammations, notamment provoquées par les métaux lourds, les polluants, etc. Sans être toujours bien tolérée elle peut aider à soigner certains problèmes de peau, elle influence les glandes de la transpiration), en gros elle permet une meilleure sécrétion des glandes sébacées et sudoripares. Elle peut agir sur les inflammations articulaires chroniques, vous comprenez mieux pourquoi elle m'est subitement apparue comme intéressante. En aidant le corps à éliminer les substances inflammatoires, on aide à diminuer le problème, la douleur. Enfin, elle a des propriétés hypoglycémiantes (c'est profitable dans mon cas aussi).
Attention, bien entendu comme pour toute plante il faut y aller mollo, et ne pas en consommer si on prend des médicaments qui font baisser la glycémie, pour ne pas faire doublon, et ne pas en consommer non plus pour les femmes enceintes. 

Pour l'identifier, je conseille d'attendre le cycle complet jusqu'à l'apparition des fleurs qui sont très parlantes, puis de prélever à la saison suivante, quand une fois tondue la plante va repartir de plus belle. 



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