Si tu n'as pas la réf... désolée. Faut avoir plus de 50 ans.
On va parler vite fait de la St Valentin. Il n'aura échappé à personne que je n'envoie plus du tout de cartes pour l'occasion. Avant, quand j'étais encore naïve et donc conne, j'envoyais des cartes. J'aime envoyer des cartes. Nan attendez : j'aimAIS envoyer des cartes, tout le temps à tout le monde. Je pensais stupidement que ça faisait plaisir. Dans ma pauvre tête d'andouille, je ne sais pas, je pensais que créer de la positivité amenait plus de positivité, un genre de cercle vertueux. Oh comme j'étais crétine. Si. En gros, je faisais ça comme aux US, où on offre certes une carte à son amoureux mais aussi à ses amis, une occasion supplémentaire de dire aux gens qu'on aime (même si on les aime juste un peu) qu'on les aime. Ou au moins qu'on pense à eux. Je me disais hey, si ça se trouve ça va rendre leur journée plus jolie. Même que si ça se trouve à un moment j'aurai une carte en retour. En gros j'ai arrêté, parce qu'au mieux ça faisait plaisir et... rien en retour, en général les gens s'en fichaient ou me trouvaient un peu bizarre, et au pire y'en a même qui ont interprété ça de travers. Visiblement on ne peut plus aimer les gens sans coucher avec. Ah. Bon. N'envoyons plus de cartes pour cette occasion. Ni plein d'autres occasions finalement. C'est dommage, j'aime bien moi écrire, même si ça devient difficile techniquement (prix des timbres, mes mains qui m'empêchent d'écrire, etc). Pis j'aime bien faire des cartes. Peut-être qu'elles sont juste moches. Qui sait... pour savoir faudrait que j'aie des retours. J'ai pas trop.
Laissons tomber et revenons à la St Valentin. C'est un peu comme Noël en fait, je faisais parce qu'il fallait faire, c'est ce qu'on nous dit tout le temps "faut faire comme tout le monde". Ah.... Je crois que je ne suis pas faite pour obéir, rentrer dans le rang. Du tout. Je vais donc expliquer mon cas, une fois, et je n'y reviendrai plus, je vais raconter de façon suffisamment complète, si j'ai encore des questions (même bienveillantes), je considérerai que la réponse a déjà été donnée ici et je ne répondrai pas.
L'amour, le grand, avec un grand A et des chabadabada...ben... j'y crois plus depuis trèèèèèèèès longtemps. Faut se mettre à ma place, hein, je n'arrête pas de le dire mais pitié croyez-moi : je suis conne et totalement hors des réalités de la vie. C'est la faute aux trucs qu'on regardait/lisait/écoutait, quand on était petits, la petite maison dans la prairie, les contes de fée, Jane Austen, le si mignon toi et moi de Geraldy, tout ça tout ça. J'ai toujours eu une conception totalement rétro romantico débilo bizarre de l'amour. Genre "on s'aime pour la vie", genre "on a une personne dans cette vie (qui ne rime à rien) avec qui on peut avancer, affronter tout, parce que rien n'est grave vu qu'on s'aime". Vous voyez un peu les dégâts ? Moi j'avais Mr Rochester, les poèmes d'Aragon... "que serais-je sans toi qui vint à ma rencontre, que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant, que les heures arrêtées au cadran de la montre, que serais-je sans toi que ce balbutiement";.. Aujourd'hui ça va, les gosses de 5 ans savent comment on met une capote ou comment tripoter le kikinou des autres, à 7 ans ils changent de sexe sans l'accord de leurs parents, on leur apprend qu'échanger des photos de soi à oualpé c'est coooool, les gamines de 14 ans maquillées comme des camions volés montrent leur "intimité" sur le web au calme et ont déjà avorté 3 ou 4 fois. Les ados mecs trouvent normal de traiter leur copine de P... Plus grand ça se limite à des messages du genre "coucou tu veux voir ma b..." (non, merci bien). Je parie que la nouvelle génération n'aura pas mes états d'âme, ils sauront choisir le meilleur parti sur le web comme sur un catalogue, un peu comme on choisit des courgettes au supermarché. Les filles traiteront les mecs comme des bouses. Les hommes considèreront les filles comme un bout de viande. Tant mieux tant pis, de toute façon ce monde est fini.
Breeeeeeef ça répond aussi à la question de savoir pourquoi je ne me remets pas en couple. Comment vous dire....
Par exemple je ne veux plus me mettre en couple avec un mec, et 3 mois plus tard sacrifier TOUTE ma bourse d'études de l'année pour lui offrir un magnétoscope et autres matos hi fi quitte à galérer toute l'année pour obtenir mon diplôme parce que je n'ai même plus de quoi m'offrir des photocopies pour bosser, pour me rendre compte que le 1er truc qu'il a fait avec (pendant que je ramais entre entretien de la maison, la fac et le reste) c'est d'enregistrer un film de c.. En crypté. Donc même pas trop regardable.
Je ne veux plus me mettre en couple avec un mec pour lui permettre de récup la garde de son fils et que le lendemain il me largue sans autre forme de procès.
Je ne veux plus être mariée à un salopard qui me sape totalement ma créativité, ma santé mentale, le peu de confiance en moi que je pouvais avoir. Me laisse faire un traitement PMA lourd qui me laissera des séquelles autant mentales que physiques (endométriose, tumeurs aux ovaires, etc) parce que je dois suivre un protocole lourd alors que le problème vient de lui. Pour m'apercevoir la veille du don de sperme qu'il a fait en sorte de ne rien avoir à donner ce jour-là. Pour ne pas m'avoir accompagnée une seule fois ni aux examens à répétitions, ni aux visites quotidiennes à l'hosto (sachant qu'à la base je suis phobique du médical, j'y suis pourtant allée bravement, toute seule), alors que toutes les autres personnes étaient là en couple, au point que les gens m'ont prise en pitié et l'ont surnommé "la crevure". Je ne veux plus jamais détruire ma santé en perdant trop vite et mal du poids pour une PMA qui n'aura pas abouti, mettant ma vie en danger à faire du sport à outrance et en m'affamant, déclenchant des troubles alimentaires contre lesquels je lutte encore désespérément aujourd'hui, avec en prime des carences qui m'ont abîmé les os et les dents. Et ont détruit le peu de santé mentale qui me restait encore. Je ne veux plus jamais perdre 20kg en 2 mois et n'avoir aucun encouragement ou félicitation de mon mari, à part de me dire "oh ben tu fais ça pour séduire des mecs", alors que je fais ça pour une PMA, bébé qu'il était supposé vouloir. J'aurais du savoir qu'un ado de 50 ans ne peut pas s'occuper d'un enfant.
Je ne veux plus non plus partager une table de bistrot ou de resto avec un mec qui se laisse draguer par une nana à la table à côté jusqu'à me tourner carrément le dos.
Je vomis à l'idée d'être en couple avec un type qui me sait épuisée mentalement et physiquement, en souffrance extrême, ayant déjà fait une tentative de suicide, et me dit au sujet de la femme d'un collègue qui a mis fin à sa vie "parfois c'est mieux pour tout le monde".
Je ne veux plus d'un mec qui passe son temps à mater du p*rn* sur internet. Qui pris la main dans le sac n'a aucun complexe à me dire "j'le f'rai plus parce que je sais que ça te fait mal vu ton histoire" et recommence 2 mois après pendant que je suis en train de bosser dur pour faire un truc pour LUI. Zéro considération, zéro respect, zéro honnêteté, 100% mépris décomplexé. Un mec qui matera les filles (qui pourraient être sa petite fille ou même son arrière-petite-fille) dans la rue ou sur le web en version vieux cochon libidineux après avoir été un -pardonnez moi l'expression - jeune "queutard". Ou reçoit des SMS de je ne sais qui, que je trouve encore des années après dans ses vieux téléphones, sans équivoque concernant le contenu. Alors que de mon côté je n'avais pas fait le moindre pas de côté. M'explique à quel point sa stagiaire est mieux que moi. La pharmacienne est plus élégante que moi. La poubelle lui plaît mieux que moi (si, je vous assure, on était pas loin).
Je ne veux pas non plus être en couple avec quelqu'un qui me dira dès que je suis amie avec un homme que c'est parce que je veux "me le taper" alors que moi je me cherchais juste une famille d'adoption, et que je le disais très clairement (et que pour le coup j'en étais réduite à choisir des amis hommes qui ne "pouvaient rien tenter" avec moi pour différentes raisons, quitte à ce que je ne sois pas trop fan d'eux, je me disais que ça rassurerais mon partenaire. Même pas. Je perdais mes vraies amies femmes aussi, et j'en choisissais de nouvelles, des pas biens, qui rentraient dans les critères ne déclenchant pas de remarque de mon conjoint (con joint... bien joli mot très à propos), pour qu'au final il critique aussi ces "amies" qui m'exploitaient. Ah.
Je ne veux plus faire d'efforts pour construire un truc, fragile, en y mettant toute mon âme, je ne veux plus confier mon cœur à quelqu'un pour voir le mec l'arracher, le jeter par terre, le piétiner et pisser dessus. Mon cœur a été fracassé en trop de morceaux, ce n'est plus réparable
Attendez, j'ai le pompon sur le bonnet, le "cherry on cake" : un mec qui se soucie tellement de sa femme qu'un jour elle fait un AVC, est incapable ensuite de faire plein de trucs de la vie courante, et il ne s'en rend même pas compte tellement il s'en fout. Femme qui va faire un gros malaise et une énorme hémorragie, trouvée à temps par un ami inquiet qui rentre de vacances parce qu'il sent qu'il se passe un truc pas normal, me trouve par terre dans un semi comas, dans une mare de sang. Et quand le "gentil mari" rentre et que je lui explique il répond "ah bon ?" avec un haussement d'épaule (genre merde alors, elle n'est toujours pas morte).
Un jour je me souviens d'avoir invité un ex "pote" (tu parles) à nous. On a mangé sur le balcon. Sur la mini table. 2 places. Si on m'avait proposé de l'aide, on pouvait agrandir la table. Ou se serrer et mettre 3 chaises. NOPE. J'ai fait le service, ils n'ont pas bougé un cil pour m'aider. Ils ont mangé assis, moi je n'avais pas de place alors je me suis posée par terre, sur la marche entre la salle à manger et le balcon. Je n'ai rien dit. J'avais juste de la peine. Je n'avais même plus faim.
Visiblement ça ne marche pas comme ça, sauf dans les livres. Du tout du tout.
Du coup je me suis dit si ça se trouve, comme j'ai toujours vécu isolée, depuis petite, il faut que je trouve des couples où ça marche comme dans mon imagination. Genre je saurai que ça existe, même si ce n'est pas pour moi et ça va me rassurer. J'ai cru trouver quelques fois. Et puis finalement un couple très amoureux je me suis rendu compte qu'il la trompait et avait même un gamin secret. Un autre couple uni n'était qu'une façade. Un autre mixte où madame traine son monsieur étranger comme un toutou et ne l'appelle même pas par son prénom mais par son nom de famille (je croyais que c'était son prénom, je me suis sentie si mal de l'avoir appelé comme elle)... encore un autre, puis des tas d'autres. Et je me suis dit OH MON DIEU. Ce monde est rempli de gens qui font semblant. De gens qui se comportent exactement comme tout ce qui me fait peur et me dégoûte. Merci la pandémie qui m'a permis de gerber tout le monde
Je me suis rendu compte que les hommes en écrasante majorité, en vrai, n'aiment pas vraiment les femmes. Au mieux ils s'aiment à travers elles, ils aiment le fait d'être aimés, l'image que ça leur renvoie, c'est bien pour leur ego. Au pire ils ne réfléchissent qu'avec ce qu'ils ont en dessous de la ceinture.
Prochainement je me rase la tête et je vais vivre en ermite en haut d'un arbre. Limite.
Soit comme je le disais je tombe sur des mecs au comportement ignoble parce que c'est la norme, soit c'est juste que je ne sais pas choisir, j'ai essayé, vraiment, mais ça n'a pas marché, alors merci bien, mais comment vous dire.... Avant j'étais croyante et pratiquante. Après j'ai été croyante non pratiquante. Maintenant je ne crois plus, et je m'en fous. Je trouve beaucoup moins délétère d'en rester là. C'est comme monter par les escaliers au dernier étage d'un gratte-ciel, t'arrive en haut en faisant des efforts, et là on te balance dans le vide d'un coup sur le pif. T'arrive en bas, t'es fracassée, tu remontes, ça prend plus de temps parce que t'es plus en super état et bim tu te reprends un coup sur le nez, tu retombes dans le vide, et tu... bon, y'a un moment, tu te dis que t'es toute cassée, et qu'à la limite tu vas rester en bas, étalée dans l'herbe, ça fait moins de dégâts.
En amitié c'est pareil qu'en amour, j'ai beaucoup tenté et maintenant je laisse très peu les gens s'approcher, parce que moi je suis franche, sur tout, je ne cache rien, et je me suis rendu compte que là aussi les gens mentent (et pas qu'un peu)
C'est comme si le monde des relations humaines était un vaste continent riche de régions inexplorées. Dans ces contrées d'interactions avec les gens j'ai voyagé, j'ai vu, et j'ai choisi par respect pour moi même d'en rester là, j'ai rangé mon casque d'explorateur au vestiaire. Maintenant, c'est un peu comme le boulot et tout le reste de la vie en général, j'ai arrêté de me faire mal pour rien, je me contente d'empiler les jours, je les remplis comme je peux de choses belles, de choses que j'aime, et j'attends la fin.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire