On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! (St Exupery)
dimanche 11 octobre 2020
Lectures du challenge
Publication uniquement sur mes lectures, si vous n'êtes pas intéressés par le sujet, vous pouvez sortir, c'est l'heure de la récré :-D
J'ai beauuuucoup de retard pour lister mes lectures, donc on va y aller à la méthode expéditive, je vais tenter de lister 5 ou 6 par semaine, pour me mettre à jour
Blabla officiel : Jeanne a été placée en maison de retraite par ses enfants. Et le pire, c'est que chacun se renvoie la balle pour déterminer qui a été à l'initiative de cette mascarade.
Elle a beau avoir 81 ans, une ribambelle de petits-enfants et des tonnes de carnets noircis au fil du temps, preuves de son (très) long passage sur Terre, elle n'a pas dit son dernier mot. Son plan : simuler la démence et les rendre tous dingues.
Sauf que, ce lieu dans lequel elle ne voyait qu'hostilité va lui révéler bien des surprises...
En prenant part, d'abord sur la pointe des pieds, puis avec une ardeur qu'on ne lui connaissait pas, aux rendez-vous mensuels d'une clique de pensionnaires plus agités qu'une colonie de vacances, Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu'elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l'espoir... et surtout : l'audace. Qu'on se le dise : au " jeu des regrets " de l'avant-dernier vendredi du mois, rien n'est jamais perdu.
Avis : le début est juste délicieux, vraiment. Le format "journal intime de la mamie qui veut se venger" m'a fait pensé que j'étais sûre de tenir une pépite, mais à partir de disons le milieu bah... non, c'est totalement fantaisiste, et croyez-moi, vu le nombre d'heures de bénévolat que j'ai pu faire dans les maisons de retraite, on est extraordinairement loin de la vérité. Dans les maisons pour retraités riches, peut-être, mais celles où j'ai pu intervenir tiennent + du mouroir que d'autre chose. Le décalage avec la réalité est beaucoup trop violent pour que je passe "par dessus" et me projette sagement dans l'histoire, C'est dommage. Donc à lire si vous voulez un excellent livre "feel good", si vous avez une image d'Epinal des EHPADs ou si vous allez pouvoir offrir à vos aînés une retraite dans un bel écrin vous pouvez y aller, mais si vous pensez voir un soupçon de réalité et/ou que vous êtes pauvres, ça va vous bercer d'illusions (parfois confortables, mais hélas trompeuses)
Blabla officiel : Être l'arrière-petit fils de Lazare, le petit-neveu de Samuel, le petit-fils d'Ernest, le neveu de Roger, descendre de ces hommes-là, au fond, m'obligeait.
Pour Antoine Silber est venu le temps de trouver sa place dans sa lignée familiale. Après un livre sur sa mère, Le silence de ma mère, et un livre sur son père, Ton père pour la vie, il décide de remonter plus loin, de suivre pas à pas cette famille de juifs polonais, natifs de Cracovie, qui, bientôt, se disperseront, au début du vingtième siècle, rejoignant en cela l'histoire de tant de juifs contraints à l'exil, fuyant les pogroms puis plus tard, l'horreur nazie. L'Amérique pour certains, Anvers et le quartier des diamantaires, les plages d'Ostende ou la France pour les autres, tous viennent de Cracovie, de Kazimierz, le quartier juif de la ville où son arrière grand-père était rabbin. C'est là que l'auteur décide de retourner, là où il ne reste que des adresses imprécises et des tombes profanées, dans cette ville qui immédiatement lui paraît familière et connue, dans ces rues pleines de froid et de glace où il lui semble apercevoir les silhouettes de ses ancêtres, dont il raconte avec émotion, les histoires, les choix, les succès et les échecs, tout cet entrelacs de vies et de destinées qui feront de lui une partie de ce qu'il est aujourd'hui. D'où vient-on ? Quel rôle joue-t-on dans la transmission de ce qui est l'histoire d'une famille mais aussi, plus largement l'histoire d'un peuple entier. Mais ce voyage initiatique vers le passé, Antoine Silber ne le fait pas seul. Il est accompagné de Laurence, la femme aimée, celle qui écoute, comprend, tient fort la main dans les moments de trop grande émotion. Et c'est aussi l'histoire d'un couple qui fait écho à celle d'une famille.
Antoine Silber nous donne là son livre le plus accompli, celui qui, par sa densité et sa sincérité, mêle avec profondeur et justesse la grande Histoire et son histoire particulière. En redonnant vie à ces âmes enfuies, en leur prêtant sa voix et ses mots, il nous les donne à voir et à aimer.
Avis : pas grand chose à rajouter, c'est un livre court qui se lit vite (même si j'ai fini par me faire une fiche avec "qui est qui" parce que dès qu'il y a trop de personnages je me perds un peu, donc fiche version arbre généalogique et ensuite ça roule tout seul), livre émouvant si on aime l'idée de la recherche, pour savoir où on va c'est bien de savoir d'où on vient, comprendre les mécanismes d'une famille dans l'Histoire (pour moi qui suis férue de généalogie buissonnière, c'était forcément intéressant). Le tout avec le plaisir de la découverte et les déceptions, quand la réalité peut ne pas correspondre à ce que l'imaginaire avec créé. Un bon livre, si on aime le genre, et comme j'avais déjà lu les 2 autres du même auteur sur sa mère et son père je pense que c'est plus judicieux de commencer par celui-ci (et de ne lire même que celui-ci), plutôt que les 2 autres qui sont moins bien écrits je trouve
Plutôt que de vous faire un long blabla, si vous lisez ceci et la critique en dessous, vous avez un bon panorama. J'ai bien aimé - je pense que c'est mon préféré des 3
Blablabla officiel : Anthony Peardew a passé la moitié de sa vie à collectionner les objets perdus dans l'espoir de réparer une promesse brisée. Le vieil homme, autrefois écrivain célébré, décide de léguer sa demeure victorienne et les trésors qu'elle recèle à sa fidèle assistante Laura, sans se douter de l'heureuse suite de rencontres que cela va provoquer.
Avec sa galerie de personnages attachants et son intrigue savamment ficelée, un premier roman enchanteur, à l'humour et au charme irrésistiblement british.
Mon avis : je vais déjà parler de ce qui ne m'a pas plu dans le livre. C'est un roman qui frôle le "feel good", je trouve peu de livres réussis dans ce domaine, il très anglais, peut-être trop anglais, et j'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire, ma lecture fut parfois laborieuse, j'ai même pensé à lâcher le livre en cours de route. NB : quand je dis que je n'aime pas les livres "feel good", c'est que souvent la réalité est si éloignée de ce qu'on lit dans ces livres que c'est profondément dérangeant quand on a vécu la réalité en question. Je pense à "nos étoiles contraires", là, tout de suite, qui m'a beaucoup énervée quand je l'ai vu au cinéma. C'est très beau, très larmoyant, plein de bons sentiments. La réalité de la maladie hélas, c'est tout autre chose, et ça me gène énormément qu'on essaie de toujours lisser ça à coup de tout le monde s'aime et se soutient. Bref, parenthèse refermée. Maintenant ce qui m'a plu. J'ai aimé l'idée de l'histoire en 2 parties, d'un côté Anthony, son histoire, la collecte des objets , et la 2ème avec un éditeur et son assistante unis par l'amour du cinéma, histoires qui se rejoignent à la fin. J'ai également aimé la double histoire des objets, celle vue par Anthony et celle réelle en italique. La fin est très émouvante, l'écriture très poétique, les personnages attachants (comme la détestable sœur de l'éditeur qui plagie des livres, la petite fille trisomique, etc)...en fait j'aurais vraiment aimé dire que ce livre est une pépite. Ce qui m'en empêche c'est ce côté profondément lent de certains passages qui m'a fait passer à 2 doigts de ne pas le lire entièrement. Ce qui aurait été dommage...
Blablabla officiel : reprenant point par point la réalité de ce qui est connu de l'histoire des dynasties pharaoniques et de la culture de l'Egypte ancienne, l'auteur s'attache à montrer que la littérature et le tourisme de masse ont inventé depuis deux siècles une Egypte mythologique qui n'a que peu à voir avec celle des véritables égyptologues
Mon avis : oui mais non. Oui parce que je suis la 1ère à m'arracher les cheveux un par un avec une pince à épiler quand je vois les idioties qu'on enseigne encore à l'école en France, qu'on répète dans les articles, dont on fait des livres, suivant le bon vieux procédé du "un mensonge répété 1000 fois devient une vérité"... oui parce que je ne comprends pas qu'on ne s'intéresse pas d'avantage à certaines civilisations dont Sumer (dont il est question dans le livre), ou des régions ou peuples ou personnages (on nous casse les bonbons avec la Grèce et la démocratie, j'en ris toujours autant, belle imposture, mais quid de la Macédoine ?), tout en nous bassinant avec des approximations ou des contre-vérités sur d'autres personnages/situations. Mais NON en majuscules pour ce livre, qui est tout à la gloire de Sumer (pourquoi pas) sauf qu'il est truffé d'inexactitudes, pour ne pas dire de bêtises crasses, alors quand on veut dénoncer une imposture il me semble quand même intéressant de commencer par ne pas en pondre une. J'ai commencé par rire, puis balancé le livre avant la fin. Parce que quand même...Voilà. Voui, je suis énervée... (et là c'est rien, j'ai lu un livre sur la 2nde guerre mondiale à base de l'amérique a sauvé l'europe teuteuteu... qui m'a fait hurler comme un loup en rut, je vais vous épargner ça)...
Françoise Bourdon la forge au loup : Attention, j'ai bien dit bourdON et pas bourdIN.... bien
Blablabla officiel : Les Ardennes au début du XXe siècle. Hermine a juste vingt ans lorsqu'elle épouse Séverin et part vivre à la Lombarde, la propriété familiale où règne en maîtresse absolue la redoutable Mme Lecœur. La jeune femme se passionne rapidement pour la Forge au Loup, la prospère fabrique de boulonnerie que dirige sa belle-mère. À la mort de celle-ci, Hermine reprend seule les commandes de l'usine. Elle doit alors affronter les tourments d'un destin marqué par la guerre, la trahison et les amours manquées, portée par cette passion qui l'anime pour sa terre, sa maison et les siens...
Mon avis : Une chronique familiale, un destin de femmes, un livre régionaliste.... pourquoi pas. Mais j'ai trouvé dommage de ne pas se concentrer d'avantage sur la psychologie des personnages, ça aurait grandement étoffé le récit (notamment sur la relation mère-fils compliquée par le décès d'un autre enfant, sur les espoirs d'une femme qui tient de main de maître une fabrique et doit trouver qui sera digne de lui succéder, le cousin meunier et son espoir déçu, la jeune femme qui choisit le mauvais camp, le chef d'atelier violeur, etc)... Pas un chef-d'œuvre du tout, mais ça reste un bon livre si on aime ce genre et ça se lit très facilement.
Pennac - la petite marchande de prose
Blablabla officiel : «"L'amour, Malaussène, je vous propose l'amour !" L'amour ? J'ai Julie, j'ai Louna, j'ai Thérèse, j'ai Clara, Verdun, le Petit et Jérémy. J'ai Julius et j'ai Belleville...
"Entendons-nous bien, mon petit, je ne vous propose pas la botte ; c'est l'amour avec un grand A que je vous offre : tout l'amour du monde !"
Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai accepté. J'ai eu tort.»
Transformé en objet d'adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d'un best-seller dont il est censé être l'auteur.
Vol de manuscrit, vengeance, passion de l'écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, La petite marchande de prose est un feu d'artifice tiré à la gloire du roman. De tous les romans.
Mon avis : j'aime bien Pennac, sa plume qui frôle parfois le San Antonio, ses histoires farfelues. J'ai lu les 2 précédents, "au bonheur des ogres" et "la fée carabine" (je vous conseille des les lire en 1er, pas que ce soit indispensable du tout, on peut lire "la petite marchande" seul, mais autant les lire avant pour avoir déjà une vue globale de la famille au sens large et s'y retrouver un peu plus facilement dans la galerie épique de personnages)... précédents lus avec un bonheur parfois fluctuant, mais on s'attache forcément à la famille Malaussène. Pour moi qui n'en ai pas eu -de famille- ça ressemble à un assemblage hétéroclite qui m'aurait bien plu... mais ce 3ème opus, que tout le monde a adoré.... comment vous dire... l'écriture est truculente, il y a tellement de personnages hauts en couleurs, l'intrigue même est intéressante, les situations rocambolesques... sauf que.... sauf que pendant la moitié du livre on a le héro au tapis, et on suit ses digressions mentales, et ça, je l'ai trouvé totalement indigeste, j'ai même sauté des petits paragraphes. Le réalisme, c'est assez loin de l'univers de Pennac, mais ça passe malgré tout... sauf que là on a en prime des phrases en langue étrangère qui pour moi n'apportent rien, et surtout une histoire de pseudo coma, de prélèvement d'organes, d'organes récupérés sur un autre tout ça pour un happy end... j'ai grimacé, beaucoup : c'était trop. Le livre aurait été parfait sans ça....
bon, je vais vous la faire courte : une page, un jour, une pensée. Franchement la plupart sont à la limite de la gnangnanterie, ça fait très philosophie bas de gamme un peu bobo, pour gens qui n'ont pas de "vrais" problèmes à affronter.... il n'y a pas grand chose à sauver, on peut lire la même chose sur internet sans couper d'arbre pour imprimer ça, donc... Je vous en mets une qui me semble être la meilleure, mais vraiment, honnêtement, vous pouvez zapper, il y a d'autres livres du même genre beaucoup + qualitatifs...
il doit m'en rester une vingtaine de lus, donc mon challenge de l'été a été largement rempli. Il a même débordé...
Totalement d'accord avec toi pour "Les sales gosses" : il doit s'agir d'une maison de retraite pour les nantis et pas d'un Ephad. Pas lu les autres, et le livre de pensées positives, bof bof , ça sent le réchauffé et le convenu. En revanche, je note le titre du livre d'Antoine Silber. Merci pour tes avis de lectures.
:-) je suis contente si ça peut donner des idées de lecture... ou au moins éviter d'acheter certains livres dont je me demande parfois pourquoi on les a publiés... le monde étrange de l'édition, qui laisse passer des oeuvres magistrales pour publier des navets épouvantables hihi Bonne journée !
oui, et moi ça me chagrine, parce que j'imagine les gens peut-être pleins de bons sentiments qui vont croire que ce sont de petits havres de paix joyeux, alors que la triste réalité rattrape vite les plus démunis :-( Si tu aimes les romans graphiques, la prochaine publication "livres" devrait te plaire haha. J'ai tellement de retard que je n'arrive pas à rattraper, entre ma santé et celle du chien j'ai l'impression d'une spirale descendante sans fin :-( Bonne journée presque sous le soleil (j'ai bien dit presque ! hihi)
Totalement d'accord avec toi pour "Les sales gosses" : il doit s'agir d'une maison de retraite pour les nantis et pas d'un Ephad.
RépondreSupprimerPas lu les autres, et le livre de pensées positives, bof bof , ça sent le réchauffé et le convenu.
En revanche, je note le titre du livre d'Antoine Silber.
Merci pour tes avis de lectures.
:-) je suis contente si ça peut donner des idées de lecture... ou au moins éviter d'acheter certains livres dont je me demande parfois pourquoi on les a publiés... le monde étrange de l'édition, qui laisse passer des oeuvres magistrales pour publier des navets épouvantables hihi
SupprimerBonne journée !
J'imagine bien que pour le premier on doit être loin de la réalité d'un EHPAD...
RépondreSupprimerEn ce moment je lis des romans graphiques.
Bonne journée
oui, et moi ça me chagrine, parce que j'imagine les gens peut-être pleins de bons sentiments qui vont croire que ce sont de petits havres de paix joyeux, alors que la triste réalité rattrape vite les plus démunis :-( Si tu aimes les romans graphiques, la prochaine publication "livres" devrait te plaire haha. J'ai tellement de retard que je n'arrive pas à rattraper, entre ma santé et celle du chien j'ai l'impression d'une spirale descendante sans fin :-(
SupprimerBonne journée presque sous le soleil (j'ai bien dit presque ! hihi)