tu devras m'apprivoiser

tu devras m'apprivoiser
On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! (St Exupery)

mardi 12 novembre 2019

Françoise Bourdin, 4 d'un coup (Club lecture)

Je vous en avais parlé, comme je ne peux plus assurer ça sur un blog séparé, je rapatrie ici les résumés/avis de mon ex blog consacré à mon groupe de lecture. Il me suffira ensuite de faire un "copier-coller" pour envoyer ça à mon groupe. Si vous lisez beaucoup, n'hésitez pas à me donner votre avis sur les livres en question ou à m'en suggérer d'autres, sinon pour ceux qui n'aiment pas lire ou ne veulent pas d'avis (parfois des spoilers, avec alerte préalable), j'indiquerai toujours dans le titre de l'article "club lecture" pour que vous puissiez zapper :-)

Défi d'Octobre 2019 : 4 d'un même auteur 

J'ai opté pour 4 livres de Françoise Bourdin, tout simplement parce que j'en avais lu un qui m'avait plutôt plu, et parce que j'ai trouvé cette petite série lors d'une braderie aux livres. Ils sont à vendre ou échanger, je ferai une grosse mise à jour de ma liste de livres à dégager et de mes recherches prochainement 

Mon avis global sur les 4 livres : on va dire que j'ai essayé. Autant lire UN livre de cet auteur m'a semblé...intéressant, pour découvrir son style déjà, qu'en lire 4...  J'avais juste envie que ça se termine. J'ai commencé par le plus noir, terminé par le moins intéressant (le numéro 3 dans la liste ci-dessous)... et c'est bien ça le problème : je suis quelqu'un qui a besoin de s'intéresser à l'histoire des personnages. L'auteur nous raconte des histoires de famille, alors n'ayant pas de famille je suppose que je n'ai pas réussi à me sentir concernée par le sujet, peu importe de quelle façon il est abordé. D'autres auteurs ont réussi pourtant... Les critiques de tous ses livres sont dithyrambiques, alors ils doivent être excellents, seulement ils ne sont pas pour moi....


1/ Comme un frère

Résumé du web : Dans un village isolé du Jura, un nom fait peur : Nathan Desroches. Un colosse capable de soulever un tronc à mains nues, le seul à oser élever des chevaux dans cette région au climat hostile.
Mais si la puissance de ce travailleur infatigable impressionne son entourage, sa maison effraie. Dans cette immense demeure où il élève seul ses deux frères depuis l'incendie qui a ravagé la ferme de leurs parents, Nathan a instauré un sinistre huis clos familial.
A l'un, qu'il ne laisse jamais sortir, cet homme autoritaire réserve toute sa haine. C'est Justin, le cadet, simple d'esprit, à l'origine du sinistre qui les a rendus orphelins.
A l'autre, Joachim, un enfant beau et fragile, Nathan donne tout son amour. Un amour aussi inhumain que lui, immense, exclusif et exigeant. Au point que les deux frères ne se quittent jamais. Aucune fille n'a pu les séparer, pas même l'épouse de Nathan, qui doit s'effacer.
Jusqu'au jour où Joachim tombe amoureux. La tragédie, dès lors, est inévitable

Ma lecture : Un livre assez âpre, qui frappe assez juste sur les relations familiales en vase clos dans le fin fond de la campagne.
Quelques citations du livre permettent de cerner tout le problème : "il le tenait sous son bras contre son coeur et rien ne pourrait jamais le lui faire lâcher",  "Nourrir Justin, le loger, avoir l'oeil sur lui, Nathan s'en était fait un devoir. Mais l'aimer ? Non", "Dès qu'il la sentit docile, il se désintéressa d'elle", ""Nathan était enchainé à Joachim pour toujours et Joachim n'avait aucune envie de libérer son frére, sa tête était pleine, entièrement de Joachim et des chevaux".

On a donc l'histoire de la famille Desroches avec Nathan, qui choisit de faire dans l'originalité au niveau local, investissant tout dans l'élevage de chevaux malgré le climat hostile, dans la ferme familiale reconstruite après le drame, ferme où il élève seul ses deux frères depuis l'incendie qui a ravagé la ferme originelle de leurs parents, incendie qu'on nous laisse supposer du à Justin, son frère cadet, simple d'esprit, qui adore voir flamber des choses... Nathan est un colosse violent et autoritaire et tourne toute sa haine et son mépris vers ce frère, qu'il va élever par devoir puisque leurs parents sont morts dans l'incendie. Pour son autre frère, Joachim, enfant "parfait", beau, fragile, il n'est qu'amour...Mais hélas pas un amour bienveillant, contrairement à ce qu'on pourrait penser au début du livre. Un amour exclusif, excessif, exigeant , les 2 frères ne se quittent jamais, dorment ensemble, et forment à eux 2 un étrange couple sur fond de dominant/dominé, c'est malsain et on se pose quand même quelques questions à ce sujet....
Nathan est riche, il est violent, le monde doit lui obéir. sa femme Suzanne compris. Elle n'a que la place qu'on lui accorde, c'est-à-dire "après" Joachim, une sorte d'intendante, qui remplira son rôle de femme, de mère, de bonne à tout faire, et sans broncher si possible. En effet, aucune femme n'a pu séparer les 2 frères, jusqu'au jour où Joachim tombe amoureux.. Hélas pour lui, sa future femme s'éprend vite de Nathan, le harcelant jusqu'à ce qu'il lui cède, et on comprend que toute la tragédie qui va suivre est enclenchée. Pour la 1ère fois Nathan a cédé à son frère en acceptant qu'il l'épouse "quand même", et il va le lui faire payer, en étant toujours plus dur avec lui...jusqu'au drame.

Mon avis : ce livre est oppressant, à la limite du sordide. Probablement parce que je sais trop bien ce que ça fait d'être sous le joug de quelqu'un, je connais des sosies de Nathan... probablement aussi parce que l'amour inconditionnel je ne le conçois pas comme ça, et peut-être aussi parce que le style sec, froid, sans affect de l'auteur, en fait pour moi un livre efficace mais qui ne m'a pas séduite. Le lien qui unit les 2 frères est profondément dérangeant, la souffrance de la femme de Nathan est pesante, et hélas, la fin, on la voit arriver gros comme un camion. J'avoue que je me suis dit que ce n'était pas plus mal que ça se termine de cette façon. Pourtant si la fin avait été différente, ou si les personnages avaient réussi à provoquer plus d'émotions de lecture, je crois que j'aurais aimé ce livre. Il manque une dimension à cette histoire, trop classique (ou racontée de façon trop classique ?) peut-être que j'aurais aimé la voir totalement narrée par un autre personnage, comme Sixte le père de Suzanne. Là, j'avoue, je me suis dit que ce livre est très court, finit mal, et c'est tant mieux.... J'ai souvent ce mot qui me vient avec les livres de F. Bourdin, je me dis "dommage". Dommage, parce qu'avec un peu plus de ci ou moins de ça, ça aurait été un bon livre....alors que là, j'ai eu la même impression en le terminant que lorsqu'on enlève des chaussures qui font mal aux pieds. "Ouf c'est fini".... mais c'était peut-être le but recherché par l'auteur après tout !

2/ l'héritage de Clara

en google book là

Résumé du web : Êtres chers emportés par les remous de l'Histoire, vengeance meurtrière, haines fraternelles enracinées dans un terrible secret... Quelle est donc cette malédiction qui s'acharne sur les
Morvan ? Passionnante saga de grands bourgeois parisiens, L'héritage de Clara plonge au coeur des rapports complexes qui soudent et déchirent une famille.
Au coeur de cet été 67, lorsque la mort fauche un de ses arrières petits enfants, Clara, la doyenne du clan, ne trouve plus la force de surmonter cette ultime épreuve... Leur grand-mère disparue, ses cinq héritiers parviendront-ils à rester fidèles à sa devise - « La famille avant tout » ? Rien n'est moins sûr... Tourmenté, qui par l'alcoolisme d'une épouse fragile ou la rébellion d'un fils adolescent, qui par une passion amoureuse torturée, qui encore par sa soif de revanche, aucun des Morvan n'est prêt à briser la chape de silence qui pèse sur leur secret. N'est-ce pas ce silence, pourtant, qui continue d'attiser les rivalités ? Quand il deviendra évident que les rancunes des aînés menacent de diviser aussi la jeune génération, les petits enfants de Clara comprendront que l'heure est venue de percer l'abcès. Mais sera-t-il encore temps ?

Ma lecture : j'avais lu le 1er tome de la saga, qui m'avait plutôt semblé agréable à lire, sans être transcendant, en attaquant ce 2ème tome j'ai eu du mal à me souvenir du 1er, dans les 1ers chapitres j'ai eu cette forte impression de "déjà lu".... Nous suivons donc à nouveau la famille Morvan-Meyer, version génération suivante, sur plusieurs décennies. Les personnages de cette saga sont assez attachants (j'avais envie d'écrire atta-chiants pour certains..) ils sont beaucoup plus "marqués" en caractère que dans les autres livres du même auteur, ils ne sont ni bons, ni mauvais, on finit par s'intéresser à eux, dans ce sens le livre est réussi. Une saga, donc, qui ferait un bon téléfilm, ça se lit bien, et vite bien que ce soit déjà un bon gros pavé, mais ça restera pour moi un livre pour occuper une longue nuit sans électricité (c'est du vécu). J'ai vraiment aimé l'idée que les actes d'une génération impactent les suivantes de façon aussi marquée. Il y a beaucoup de personnages, on ne peut pas les suivre tous, peut-être qu'un 3ème volume est prévu pour boucler la saga ? Un bon livre si on aime le genre, mais pour moi pas inoubliable...

3 / Une nouvelle vie

Résumé du web : La vie d'Alban Espérandieu bascule le jour où un accident l'oblige à renoncer à sa carrière de pilote. Le séduisant commandant de bord décide alors de quitter Paris et de s'installer à Trouville, dans la maison où il a passé toute son enfance. Il y retrouve Jo, sa grand-mère adorée, qui l'a élevé avec ses deux frères après la mort tragique de leurs parents. Mais la vieille femme ne voit pas d'un bon œil l'arrivée de son petit-fils, bientôt rejoint par Valentine, la femme qu'il aime. Traductrice pour une grande maison d'édition, celle-ci n'abandonne pas pour autant ses activités, appréciant le calme du bureau qu'elle s'est aménagé pour travailler. Tandis qu'il s'interroge sur sa reconversion professionnelle, le pilote découvre par hasard des événements étranges qui se sont déroulés dans la villa trente ans plus tôt. Entouré de ses frères, de ses belles-sœurs et de Jo, qui en sait visiblement plus qu'elle ne le dit, il essaie d'y voir plus clair dans son passé. En livrant un à un ses secrets, la maison va-t-elle empêcher Alban de se reconstruire ?

Mon avis : je ne comprends pas ce livre. Autant l'histoire pouvait être bonne (même si on comprend trop vite quel secret Jo, la grand-mère, leur dissimule depuis si longtemps. J'ai même eu l'idée folle d'un retournement à la Paul Claudel mais non.... mais on reste largement sur sa faim. J'ai pensé tellement de fois "mais vas-y, dis-leur le secret qu'on en finisse !!".
Il est facile de s'attacher aux personnages, l'histoire d'amour d'Alban et de Valentine qui arrive à un moment charnière de leurs vies, la grand-mère et ses secrets, les frères et leurs liens indéfectibles...même si on a une petite impression de roman à l'eau de rose, tout passerait. Mais pas la fin. Pourquoi certains personnages ne sont-ils pas plus développés ? Il y avait pourtant fort à faire avec certains... Veut-elle nous refaire le coup de la saga sur plusieurs volumes ? L'intrigue (si on peut appeler ça une intrigue) tombe complètement à plat, et là encore un gros "dommage"... parce que lire une fin aussi... décevante... c'est terriblement frustrant et transforme le livre en petite fabulette morale "tout ira bien"... Pour moi, ça a sonné le glas de mes lectures de cet auteur...

Citations : "Les plus mauvaises surprises viennent toujours de nos proches. les gens qu'on croit connaître par coeur se révèlent de parfaits étrangers capables de tout y compris du pire..." (c'était prometteur, hein ?! Ben...non)..."Pourtant elle avait toute sa tête, et encore une excellente mémoire, qu'elle maudissait parfois. Certes, les bons souvenirs étaient nombreux, mais les mauvais pesaient plus lourd."

4/ un mariage d'amour

Résumé : Lorsque sa femme le quitte pour vivre avec son demi-frère, Nils, Victor Cazals est fou de douleur. Autour de lui, ses proches se mobilisent : Maxime, son frère, héritier comme lui de l'étude paternelle à Sarlat ; Martial, son père, aimant et droit, même s'il les a abandonnés un temps, et Blanche, la mère, l'épouse fidèle et dévouée, qui, curieusement, a toujours surprotégé Nils, le fruit des amours adultères de son mari...
Résolu à refaire sa vie, Victor revient aux Roques, qui a abrité autrefois une famille qu'il pensait unie. Mais Victor va exhumer de bien étranges secrets : photos saccagées, déroutant cahier aux pages remplies d'une sinistre litanie.
Quelle tragédie s'est jouée entre ces murs ? Quand le bonheur des siens est en jeu, mieux vaut parfois se taire

Mon avis : Encore une histoire de famille, les Cazals, notaires de père en fils en plein Périgord Noir. Victorse sépare de sa femme Laura, qui est partie vivre avec son demi-frère Nils, enfant que son père a eu avec une de ses maîtresses, la seule qu'il aimait vraiment et pour laquelle il avait quitté sa femme et ses enfants. Il décide de tout vendre et revient à Sarlat, dans la grande maison de famille, laissée à l'abandon depuis fort longtemps, et qu'il décide de restaurer. Ce qui va lui faire mettre à jour un secret de famille. Pourquoi son père est-il revenu vivre auprès d'eux à la mort de sa maitresse ? Pourquoi sa femme l'a repris, et avec cet enfant illégitime, à qui elle passe un peu trop de choses ? Pourquoi est-elle si rétive à l'idée que son fils emménage dans la maison et la rénove ?
L'histoire d'amour de Victor avec Virginie, architecte (comme ça tombe bien !), qui est venue s'installer à Sarlat pour échapper à un ex qui n'a pas l'intention de la laisser s'en aller, et est près à briser sa réputation, n'apporte selon moi pas grand chose à l'histoire. On se désespère un peu des non-dits qu'ils soient familiaux ou entre ces 2 là. J'avoue que le "secret" m'a assez vite sauté aux yeux, notamment parce que j'ai eu une mère perverse et que j'ai reconnu certains traits de son caractère chez la mère de Victor. Une histoire hélas pas inoubliable elle non plus, mais qui se laisse lire, j'aurais tellement aimé tomber plus profondément dans la folie et le côté profondément méchant et revanchard de la mère de Victor, et là on aurait eu un bon bouquin. Dommage encore une fois. Un livre qui se lit, bien, à la plage ou dans le train...

2 commentaires:

  1. C'est sympa de faire découvrir des livres, bon j'avoue que je ne lie pas du tout ce style de livres :x
    Je suis comme les gamins, il me faut des images lol.
    Bonne soirée

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    Réponses
    1. Bah je dis toujours : peu importe ce qu'on lit, tant qu'on aime lire :-) Moi c'est un peu l'inverse, j'ai beaucoup de mal avec la BD/manga etc, mais c'est certainement parce qu'avec mes yeux qui ne veulent pas coopérer j'ai du mal avec les illustrations (si je dois prendre la loupe pour scruter chaque case de BD, je finis par perdre le fil de l'histoire) :-)
      Bonne journée :-)

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