tu devras m'apprivoiser

tu devras m'apprivoiser
On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! (St Exupery)

vendredi 8 février 2019

Au petit matin

Quand je m'en vais de bon matin, quand je m'en vais sur les chemins...sans bicyclette (vi, parce que l'ex mari me l'a partiellement détruite, et je ne sais pas réparer)... Il n'y a ni Fernand ni Firmin ni Francis ni Sébastien (parce qu'il fait trop froid, que c'est trop tôt et que les comtois sont, comme on dit par chez moi, des c... gelés).. mais il y a Paulette (si si, je vous la présenterai plus loin)





la source St Germain


y'en a une qui est contente, et malgré son grand âge elle trotte comme un lapin

je vous présente Paulette, et Noisette... je les ai baptisées comme ça... aucune idée de leur vrai nom, et je ne vais pas demander...

dès potron-minet, 3 fois par semaine, je me jette dehors sans enthousiasme, pour aller porter des choses au recyclage, vêtements, linge de maison, anciens dodos pour chats, parce qu'il faut bien faire de la place et que les associations locales me pompent l'air, magazines/livres, verre, etc... 

à part les canards, les hérons, un troglodyte mignon, des corneilles et un martin-pêcheur, je ne croise personne


chaque jour m'apporte un paysage différent


trouver la motivation pour avancer sur ce chemin de halage trop droit, trop monotone, qui casse la motivation bien plus qu'un chemin forestier. Je m'accroche, parce que je voudrais pouvoir au printemps doubler la distance. Je sens confusément que ce ne sera pas possible, mais j'essaie quand même....

Le harle bièvre, un canard vraiment teigneux que je n'aime pas du tout, et qui peu à peu remplace les gentils colverts trop chassés, et qui ont presque totalement disparu du paysage alors qu'à mon arrivée ici il y en avait des dizaines...

un héron pas vraiment + motivé que moi

ouettes d'égypte, en espérant que les pauvrettes échapperont aux carnages locaux

et puis parfois la neige, qui rend la progression plus lente, mais endort tout, y compris les chasseurs et braconniers...


Je m'inflige tout ça, malgré ma hanche, malgré ma cheville, et surtout malgré mon genou qui parfois est si douloureux que je dois m'arrêter, le souffle coupé par la douleur lancinante qui se fait plus aiguë. Parfois l'épaule ne suit pas trop non plus, la boule sur ma poitrine irradie fort, mais ce n'est rien en comparaison des douleurs nocturnes, qui me font hurler. Et quand les tumeurs au niveau du ventre s'ajoutent, il m'arrive de me dire que je ne pourrai pas rentrer. Peu importe. J'avale les km. Je serre les dents.

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