tu devras m'apprivoiser

tu devras m'apprivoiser
On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! (St Exupery)

mardi 15 janvier 2019

Et la galette alors ?

Bien. Vous savez que j'aime rarement la même chose que les gens. Mais je vous promets : je ne le fais pas exprès.

Au moment de la bûche, j'ai tremblé pendant des années parce que s'il y a bien un truc que j'ai en horreur c'est la crème au beurre. J'ai même failli trépasser en goûtant pour la 1ère fois -pleine d'espoir- un cupcake (mais enfin mais ENFIN : c'est quoi cette idée de faire un gâteau bourratif pas top et de le couvrir d'immonde crème au beurre ?!?!)
Autrement dit, chez moi, la bûche, c'est niet (dans le doute, on ne sait jamais). Je ne peux pas la faire moi-même, j'ai eu beau tester 250 millions de recettes je n'arrive pas à faire une belle pâte qui s'enroule sagement sans casser... ou alors elle roule roule roule... mais le goût ou la texture beuuuuuuuuurk... Rha... Me déclarant maudite de la bûche, je me suis dit c'est pas important, il reste la galette.
Sauf que...
Bon, y'a les pâtes pas terribles, pas hyper gonflées, déjà... et les garnitures OUILLE. Entre celle supposée au chocolat qui a l'air d'héberger un genre de pudding sans saveur, celle à la pomme qui ne cache en son coeur qu'une vulgaire compote de pommes industrielle (maiiiiiiiiis)... et alors le top du top du désespoir : la frangipane.
Parce que les boulangers et moi, on ne se comprend pas. Quand je demande une galette frangipane, je précise bien ce que j'entends par là. Mais nan, on me vend toujours au choix une galette parfumée (trop, beaucoup trop)  à l'amande amère (j'aime paaaaaaaaas l'amande amère !), ou une galette mi-frangipane mi-crème pâtissière. Paraît que c'est "comme ça qu'on fait pis c'est plus moelleux". Bah peut-être. Mais non. Dans les autres régions je trouvais une galette avec juste de la frangipane... mais pas ici ! En même temps, la frangipane ça coûte cher, et la crème pâtissière rien du tout. Si on en met la moitié et qu'on vend la galette à 25€, ça fait un trèèèèès joli bénéfice. Surtout quand la pâtisserie qui n'en est pas une (nan, on peut me l'emballer d'arguments fallacieux : c'est un terminal de cuisson, pissétou) se met à les vendre à 30/35€... m'enfin ?! Les gens sont devenus fous ou quoi ? 200 balles la galette ???? J'ai l'impression d'avoir zappé d'un espace-temps. Ou deux.
Je veux bien soutenir le commerce local mais quand même...faudrait pas te payer ma binette petit commerçant (j'ai pas dit artisan, je maintiens qu'un terminal de cuisson n'est PAS un artisan)...

Bon. Donc j'ai décidé de la faire moi-même-toute-seule-comme-une-grande et pour ça j'ai testé des recettes, encore et encore. Des pas mal, des bof, des trop sucrées, des trop pâteuses, des trop liquides, des presque-bien-mais-toujours pas... rhaaaaaaa...
Et puis j'ai tenté une dernière recette (comme quoi ça vaut le coup de s'embêter un peu et de s'obstiner), et j'ai trouvé mon Saint Graal
Gens que j'aime, lecteurs arrivés là par hasard, petit pou perfide qui m'espionne (oui, je te vois) : je suis joie, je suis plénitude de la papille.... voici LA galette
je sais, elle est énorme, monstrueuse, gonflée comme un ballon...

hein ? oui, un peu trop de garniture, mais j'avais un doute quand je l'ai étalée... ben on peut la mettre tout fin, là y'avait pas tant que ça, j'ai été surprise

Donc voilà :
La recette si tu veux, peuple ami

Préchauffer le four à 180° pour un four normal, pour un mini four comme le mien qui chauffe assez mal, 210° environ c'est pas mal
On mélange
60g de beurre mou (pas fondu hein, mou) et 120g de sucre (j'en ai mis seulement 100, j'aime le côté brut mais je pense que 120 c'est bien)
on mélange au batteur (ou au robot si on a mais je n'ai pas)
On rajoute 150g d'amandes en poudre (si tu es un peu fifou comme moi, tu peu légèrement torréfier à la poêle mais c'est pas nécessaire)
on re mélange
on rajoute 2 oeufs, une gousse de vanille râclée amoureusement et 2 cuillères à soupe de rhum
On remet un petit coup au frais
Pendant ce temps on étale une 1ère pâte feuilletée, et on vient mettre la crème dessus, en laissant une marge de 2cm autour. On met sur la marge en question un peu d'eau froide, et on étale la 2ème pâte dessus. On soude tout le bord en pressant un peu avec la pointe du couteau. 
Pour dorer, avant je me contentais de mettre un peu de jaune d'oeuf ou de lait, mais non : il faut le faire en 2 fois. Je bats un oeuf entier (oui, entier) avec un peu de sel, ça aide à liquéfier l'oeuf et comme c'est un exhausteur de goût c'est top).
Donc, dorer à l'oeuf, puis remettre au frigo (si si). 30mn après, le four est bien chaud, on ressort la galette, on fait les petits dessins dessus sans percer la pâte et on dore à nouveau à l'oeuf, puis on met au four environ 35/40mn (surveiller)

Soit on fait sa pâte feuilletée c'est long, soit vous achetez une pâte dans le commerce. Celle qui -selon moi et mes innombrables essais- va le mieux c'est la pâte épaisse Herta (qui donne un gros feuilletage)

 mais vous faites bien comme vous voulez/pouvez. Maintenant, je répète : c'est la version que JE préfère, et je conçois qu'on puisse préférer autre chose de moins... "roots"... :-)
Contente je suis : j'ai trouvé MA recette "kivabien"
Bon appétit !
(et n'oubliez pas la fève)

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